Personne n’aime les maringouins et nous rêvons tous de les éradiquer de la planète. Le débat sur l’épandage de BTI, un larvicide controversé largement utilisé dans le monde, perdure même s’il demeure le meilleur moyen de diminuer les populations d’insectes piqueurs. Devrait-on démoustiquer le Québec?
Depuis plus de 30 ans, des villes comme Mont-Tremblant et Blainville font appel à l’une des deux entreprises québécoises spécialisées dans le domaine pour diminuer les populations d’insectes piqueurs, considérés comme une nuisance à la qualité de la vie des amateurs de barbecue, entre autres.
«Ce n’est plus une simple question de confort ou de qualité de vie. Les pathogènes comme le virus du Nil occidental ou du sérogroupe californien, l’encéphalite équine de l’est et d’autres sont en progression. Diminuer les populations d’insectes, c’est faire de la prévention et améliorer la santé publique», lance le biologiste Richard Vadeboncoeur, qui mène une véritable croisade en faveur de la lutte biologique aux moustique.
«Je crois que le BTI est un bon produit pour lutter contre les surpopulations de moustiques, surtout en raison des faibles doses utilisées au Québec», commente la biologiste Corine Beaulieu, qui a travaillé un an pour CFRoy, une entreprise de démoustication située à Saguenay.
Mais des recherches sur les effets de ce produit menées en Europe au cours des dernières années ont remis en question son innocuité. Il affecterait les populations de chironomes, ces minuscules organismes à la base de la chaîne alimentaire. Ce qui produit moins de nourriture pour les poissons et autres prédateurs.
Des pièges comme solution de rechange
Pour offrir une solution de rechange au larvicide, l’entreprise CFRoy a mis au point un piège qui ne s’attaque qu’aux moustiques femelles adultes. Déployé dans une dizaine de parcs à Longueuil, où tout produit insecticide est prohibé en raison de la présence de rainette faux-grillon (une espèce protégée), le piège en attente d’homologation est muni d’un dispositif qui imite les émanations des animaux à sang chaud. Les insectes sont aspirés dans un contenant d’où ils ne peuvent s’échapper.
Est-ce aussi efficace que le BTI? «Des projets de recherches sont en cours afin de répondre à cette question. En fonction de certaines conditions, les résultats évoluent de manière encourageante dans la capture de moustiques», répond Olivier Poulin-Houde, coordonnateur aux opérations chez CFRoy.
Encéphalite équine de l’Est
Mortelle chez l’humain, mais pas chez le cheval vacciné, cette maladie circule depuis 1933 dans l’est du continent. Sa particularité est de se transmettre des oiseaux aux chevaux ou aux humains en passant par le moustique.
Le virus est si dangereux que l’armée américaine a déjà eu le projet d’en faire une arme biologique.
La période d’incubation est de 4 à 10 jours. La plupart des gens ne montrent aucun signe clinique, mais certaines personnes présentent des symptômes d’allure grippale comme de la fièvre, des frissons et des douleurs musculaires.
Virus du Nil occidental
Le virus du Nil occidental, ou VNO, est de plus en plus présent au Québec depuis sa première identification en 2002. Il est transmis par les moustiques infectés.
Les symptômes apparaissent de 2 à 14 jours après la piqûre: maux de tête, fièvre, douleurs musculaires, nausées, vomissements, diarrhée, perte d’appétit.
Moins de 1% des personnes infectées par le VNO vont développer une forme grave de la maladie entraînant des troubles neurologiques.
Virus du sérogroupe californien
Les virus de Jamestown Canyon et de Snowshoe hare sont les plus fréquents au Québec parmi un groupe nommé «les virus du sérogroupe Californie».
Les symptômes sont les mêmes que pour une grippe (fièvre, frissons, maux de tête, etc.) et se déclarent de 2 à 14 jours après la piqûre.
Dans de rares cas, l’infection neurologique grave peut se déclarer: méningite, encéphalite ou myélite.
Encore rare, on n’a détecté qu’une dizaine de cas au Québec depuis 2006.
Source: gouvernement du Québec
La dengue et le Zica, deux zoonoses graves transmises par les moustiques, ne sont pas présents au Québec, mais peuvent toujours être rapportés par des voyageurs.


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